
Notre patrimoine d'architecture, de paysages culturels et de culture matérielle est un bien et une ressource irremplaçables. En Ontario, la tâche de conserver d'importantes propriétés sur le plan historique et architectural est d'abord une question municipale. La Loi sur le patrimoine de l'Ontario fournit un cadre dans lequel les municipalités peuvent agir pour assurer la préservation de telles propriétés. Elle encourage en outre la participation des citoyens et des citoyennes à la conservation du patrimoine local.
Les municipalités locales peuvent désigner des cimetières comme patrimoniaux en vertu des parties IV et V de la Loi sur le patrimoine de l'Ontario (Ontario, 1990b). Les propriétaires de cimetières ou administrateurs de propriétés peuvent aussi conclure des accords de servitude avec d'autres organismes comme la Fondation du patrimoine ontarien ou une municipalité. Toutes ces mesures peuvent contribuer à la conservation de cimetières. Des propriétés peuvent être liées à d'importants immeubles patrimoniaux ou avoir rapport à un établissement ou à une région rurale. Une liste des cimetières ontariens désignés patrimoniaux est disponible auprès du ministère.
Cette désignation est un moyen par lequel les municipalités locales peuvent garder la haute main sur des modifications proposées aux propriétés patrimoniales qui pourraient avoir une incidence sur l'importance patrimoniale. En général, de nouveaux ensevelissements dans un cimetière désigné patrimonial ne constituent pas une modification au sens envisagé ci-dessus car il est improbable que de nouveaux enterrements modifient l'importance patrimoniale d'un cimetière. Cependant, d'autres genres de travaux dans un cimetière désigné patrimonial peuvent constituer une modification au sens susmentionné, exigeant que la municipalité soit consultée. Des descriptions bien rédigées des propriétés des cimetières ainsi que des caractéristiques de ce qui a été érigé et du paysage sont essentielles afin de donner une compréhension claire de leur importance patrimoniale de sorte que celle-ci soit à l'abri de toute modification incongrue. Ces descriptions, dites «les raisons de la désignation», constituent l'article le plus important du règlement de désignation patrimoniale adopté par la municipalité.
Quand l'importance des cimetières tient d'abord à des raisons d'ordre historique, il importe de joindre des renseignements tels que le rapport historique à :
Là oú le contexte et le tracé du paysage importent, la demande devrait comporter la description des attributs du paysage oú se trouve le cimetière. Il est utile de prendre note de ce qui suit :
Quant l'artisanat et la conception architecturale sont importants, le document devrait comporter la description des attributs de ce qui a été érigé au sein de la propriété, individuellement ou par groupe : par exemple, monuments funéraires, charniers, clôtures et portes, plaques et mausolées. Les attributs suivants de ce qui est érigé constituent des éléments de prise en considération dans la déclaration des raisons de la désignation patrimoniale :
L'exemple suivant de désignation patrimoniale par une municipalité de l'Ontario représente des efforts pour refléter avec justesse l'importance de ces caractéristiques au moyen de la déclaration des raisons de la désignation, pour justifier un règlement municipal local, tel qu'il est exigé par la Loi du patrimoine de l'Ontario.

Cimetière de l'église presbytérienne de Richmond Hill
La Corporation de la Ville de Richmond Hill
RÈGLEMENT 1992
Règlement pour désigner le cimetière de l'église presbytérienne de Richmond Hill comme propriété de valeur et d'intérêt historique et contextuel.
Raisons de la désignation
Le cimetière de l'église presbytérienne de Richmond Hill est recommandé pour la désignation pour des raisons d'ordre historique et architectural.
Le cimetière fut établi sur la propriété du fondateur de Richmond Hill, Abner Miles dès 1806, avec le décès de Miles lui-même. Cependant, il y a une tradition locale voulant qu'un Canadien autochtone ait été enterré antérieurement à cet endroit.
Le terrain a été formellement consacré comme cimetière au premier quart du XIXe siècle quand le fils d'Abner Miles, James, donna pour l'établissement d'une église et d'un cimetière presbytériens cinq acres de la propriété que lui avait léguée son père. L'éminence de la position de James Miles dans la vie de la communauté d'alors lui valait là le titre de «seigneur».
Après la mort de Miles en 1840, le terrain qu'il avait voulu donner fut en fait acheté de ses héritiers pour la somme de 300 $ parce qu'il n'avait pas signé l'acte scellé.
Les premiers services religieux tenus là avant l'érection d'une église furent célébrés en plein air par le révérend William Jenkins sur les terrains du cimetière.
Jenkins, immigrant écossais, était un ami de l'évêque anglican John Strachan. Il était un pionnier du presbytérianisme du Haut-Canada et a aidé à établir des assemblées de fidèles dans Miles Hill et Markham ainsi que dans les cantons de Whitchurch et de Scarborough.
Bien des familles des débuts de la région et des personnages historiques sont enterrés ici. Un échantillon des noms bien connus dans l'histoire de la communauté comprend Abner et James Miles, le révérend William Jenkins, Benjamin Barnard, le colonel David Bridgeford, Amos Wright, John Langstaff et Abraham Law.
Le cimetière est de forme rectangulaire avec une allée centrale recouverte de gravier et allant de l'est à l'ouest à partir de la porte d'entrée à la clôture est. L'allée fait le tour d'une voûte de briques placée vers la clôture formant la limite ouest. Les pierres tombales sont disposées en rangées nord-sud. Les monuments sont du genre plaque, bloc et obélisque, faits de marbre blanc, de pierre à chaux ou de granit. Tandis que la plupart sont debout sur des fondements de pierre, beaucoup reposent couchés sur le sol, tombés de leur position d'origine. Nombre des premiers monuments, surtout ceux situés au quart sud-est du cimetière, présentent de riches décorations sculptées.
La caractéristique la plus remarquable du cimetière est une voûte ou charnier octogonal réalisé en briques blanches. Considéré par les historiens en architecture comme l'un des meilleurs exemples en son genre dans la région d'York, l'édifice fut conçu par l'architecte Thomas Harris d'Aurora et construit en 1863.
Les constructions octogonales, relativement rares en Ontario, ont surtout fait leur apparition au milieu du XIXe siècle en raison d'une mode architecturale venue des États-Unis. Les constructions octogonales ne se rencontrent qu'en Ontario.
La voûte a une seule porte, à arceau gothique, s'ouvrant dans son mur est. La porte d'origine était de chêne blanc et à double battant.
Des détails décoratifs de briques consistent en pierres angulaires, soubassement, frise et voussoirs surélevés. La toiture inclinée est de forme conique. La caractéristique la plus raffinée de l'édifice est son lanternon de toit, de forme octogonale et surmonté d'un toit conique cuivré à fleuron tourné. D'étroites ouvertures à persiennes aux hauts en arcs gothiques apparaissent de chaque côté du lanternon, encadrées de minces colonnettes et de pignons inclinés.

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Dernière mise à jour : le 9 novembre 2007